C.
Des cris, des insultes, une dispute.
L'enervement, ne plus réussir a gerer son calme.
Une porte qui claque.
Un sentiment de colère, une sensation de trahison.
Le besoin de réfléchir, de se vider la tête et de se resaisir.
Se sentir perdue et dépassée, ne plus savoir que faire.
Comprendre ses erreurs et faire demi tours pour essayer d'arranger les choses.
Un mauvais pressentiment, la peur qui envahie un corps d'enfant.
Courir, pour aller plus vite, croire qu'on peut devancer le temps.
Sentir l'angoisse se propager, les jambes trembler, le coeur battre a une vitesse incroyable.
Esperer ne pas arriver trop tard.
Fraper a la porte, sans réponse. Une seconde fois avec l'angoisse qui monte, encore une fois en vain.
Ouvrir la porte, chercher, et trouver un corps inanimé. Sentir son sang se glacer, ne plus pouvoir bouger.
Courir jusqu'à celle qui était sa meilleure amie, l'appeler, lui implorer pardon.
Prendre sa main gelée, la supplier de tenir bon, composes le numéro des secours.
Attendre, avoir l'impression que chaque seconde dure une eternité. Avoir peur mais ne pas le montrer.
Regarder autour de soi, trouver ces boites de medicaments vides, essayer d'atténuer la plaie sur les veine du poignet, se sentir impuissante et s'en vouloir. Trouver aussi un mot, ecrit par amour. Laisser le control à des spécialistes qui sauvent beaucoup de gens chaque jour, y croire, pleurer, penser encore que ceux qu'on aime sont invincibles, s'en vouloir, se hair mais y croire.
A. ( Au même moment )
De la culpabilité, de la peur, une dispute.
Encaisser les mots, penser ne pas être comprise.
Une porte qui claque.
L'impression d'être abandonnée, la profonde solitude qui s'installe.
De la peine, de nouveau regret qui alourdissent les coeurs.
S'en vouloir, ne pas savoir comment faire disparaître les douleurs qu'elle a faite.
Un doute, une lame, des médicaments. Une envie qui l'obsède depuis longtemps.
La volonté d'un autre monde. Le dégout de la vie.
Une décision, l'abandon, la volonté de la liberté.
Ecrire quelques mots, pour la personne avec qui elle partagé beaucoup de chose.
Prendre un comprimé; puis deux; une plaquette; la boite; entamer une seconde boite, une troisième et se sentir partir.
Savoir qu'on disparaît, entendre son coeur ralentir.
Visionner son passer, voir des flash qui l'ont toujours faite souffrir.
Sentir une présence, connaître cette personne mieux que quiconque, avoir peur de lui faire du mal.
Percevoir des cris autour de soir, des hurlements, des pleurs, des excuses.
Tout devient encore plus flou, des appels, l'incapacité à répondre.
Et se laisser aller, ne plus pouvoir lutter comme la vie, comme cette dispute, comme cette voiture qui n'a pas freinée et qui a tué ses parents, comme toutes ces horreurs qu'on peut vivre
Une fille décédée, partie comme elle le désirait. Une autre détruite et envahie de culpabilités.